Histoire du Grand Prieuré des Gaules
Le Régime Ecossais Rectifié du XVIIIe siècle à nos jours.
Jean-Marc Vivenza
Histoire du Grand Prieuré des Gaules,
Ed. du Simorgh, 25 € 23,75 €
Les éditions du Simorgh nous gratifient d’une nouveauté qui vaut son pesant d’or en cette rentrée littéraire et maçonnique : Jean-Marc Vivenza y publie une Histoire du Grand Prieuré des Gaules. Le Régime Écossais Rectifié du XVIIIe siècle à nos jours (Septembre 2011, 381 pages).
L’auteur est plus connu pour ses ouvrages de métaphysiques et de théosophie que pour des ouvrages d’histoire. Et pourtant ce livre se révélera fondamental pour qui veut connaître le Régime écossais rectifié dans le détail. En effet, on y trouvera les classiques explications sur la naissance du Régime en liaison avec le régime de la Stricte Observance et avec l’Ordre des élus coens de l’univers. Mais on y découvrira aussi et surtout l’histoire du Régime rectifié au XIXe siècle (période que les historiens classiques du Régime évoquent très peu) et surtout le XXe siècle.
Si plusieurs articles et livres ont déjà abordé la naissance de la GLNIR (future GLNF) sur la base d’une loge rectifiée du GODF (le Centre des amis, 1910-1913), peu d’études traitent dans le détail la naissance du GPDG en 1935 et son évolution durant le restant du XXe. C’est aussi dans ce cadre que Vivenza présente les différentes branches du Régime en France tels qu’elles apparurent durant la deuxième moitié du XXe siècle.
L’ouvrage se termine par l’annonce du réveil (vote en juin 2011 par le Conseil national du GPDG confirmé le 23 septembre 2011 par le vote du Grand Chapitre du GPDG) de la Grande Loge Réunie et Rectifiée de France qui administrera les loges de saint Jean et de saint André du Régime écossais rectifié dans le sillage du Grand Prieuré des Gaules.
Grand merci à Jean-Marc Vivenza d’avoir fait oeuvre d’utilité publique en établissant cette histoire qui éclairera les maçons, rectifiés ou non, sur l’histoire de cette « école de sagesse et de vertu » qu’est le Régime Rectifié
Je ne peux que souscrire à ces quelques lignes élogieuses ont été empruntées au site de A Valle Sancta.
Jean-Marc Vivenza est l’auteur de nombreux ouvrages sur le Régime Ecossais Rectifié et sur l’Ordre des Elus Cohen de l’Univers, spécialiste de Louis-Claude de saint-Martin il nous en distille toute la « doctrine » ésotérique :
– Les élus cohen et le Régime Ecossais Rectifié, que vous pouvez vous procurer ici.
– Le Martinisme, l’enseignement secret des Maîtres : Martinès de Pasqually, Jean-Baptiste Willermos, Louis-Claude de Saint-Martin, que vous pouvez vous procurer ici.
– René Guénon et le Rite Ecossais Rectifié, que vous pouvez vous procurer ici.
– La prière du Coeur selon Louis-Claude de saint-Martin dit le Philosophe Inconnu, que vous pouvez vous procurer ici.
Cette quadrilogie est bien complété par le QueSais-je sur le Régime Ecossais Rectifié de Roger Dachez.
Vous pouvez vous procurer cet ouvrage sur notre site La Table d’Hermès au prix de 23, 75 € au lieu de 25 €.
TABLE DES MATIERES
Préface
Introduction
- 1ère Partie - Des origines au XIXe siècle
I. La Stricte Observance
a) Le Rite Écossais
b) Les « Hauts-Grades » écossais
c) La franc-maçonnerie templière
d) Le Convent de Kholo (1772)
e) Le Convent de Berlin (1773)
f) Le Convent de Brunswick (1775)
II. Jean-Baptiste Willermoz le fondateur du Régime Écossais Rectifié
III. Martinès de Pasqually et l’Ordre des Chevaliers Maçon Élus Coëns de l’Univers
IV. Du rattachement à la Stricte Observance au « Convent des Gaules » (1778)
a) Constitution des Directoires des IIe, IIIe et Ve Provinces de la Stricte Observance
b) Les Leçons de Lyon (1774-1776)
c) Les décisions fondatrices du Convent des Gaules
V. Le Convent de Wilhelmsbad (1782)
a) La fin de l’illusion templière
b) La question de la 3e classe secrète de la Grande Profession
c) Les rituels, la Règle Maçonnique et les Provinces de l’Ordre
VI. Le Régime Écossais Rectifié de la Révolution au XIXe siècle
a) La Révolution et ses conséquences
b) L’embellie de l’Empire
c) L’extinction du Régime en France sous la Restauration
d) La conservation helvétique de l’Ordre
- 2e Partie - Du réveil au XXe siècle à nos jours
I. Rétablissement en France du Régime Écossais Rectifié (1910)
II. Le Rite Écossais Rectifié au Grand Orient de France
a) Le « Centre des Amis »
b) Création de la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière pour la France et les colonies
c) Rupture du Traité de 1911 entre le G.O.D.F. et le G.P.I.H.
d) Rupture du G.P.I.H. avec la G.L.N.I.&R.
III. Le rôle fondamental de Camille Savoire
a) Action en faveur du R.E.R. au sein du G.OD.F.
b) Échec avec le G.O.D.F.
IV. Réveil du Grand Prieuré des Gaules (1935)
V. La Grande Loge Écossaise Rectifiée (1935-1958)
a) Avant-guerre (1935-1939)
b) Création par le G.O.D.F. d’un « Directoire Écossais des anciennes Provinces de France » (1938)
c) Réaction de Camille Savoire à l’initiative du G.O.D.F.
d) Après-guerre (1946-1958)
e) Tentative par la G.L.N.F. de captation du 4e grade (1954)
f) Les Convents internationaux de Genève (1956) et Zurich (1958)
VI. La Convention du Grand Prieuré des Gaules avec la G.L.N.F. (1958)
a) Apport, par le G.P.D.G., de la régularité rectifiée à la G.L.N.F.
b) La Convention de 1958 entre le G.P.D.G. et la G.L.N.F.
c) Scission de la Grande Loge Nationale Française – (Opéra)
VII. Les Grands Maîtres-Grands Prieurs du G.P.D.G.
a) André Moiroux (1899-1962)
b) Antonin Wast (1901-1973)
c) Jean Baylot (1912-1976)
d) Jean Granger (1919-1995)
e) Daniel Fontaine
1. La réaffirmation des fondements spirituels chrétiens de l’Ordre
2. Les « Ordres Unis »
3. Le rayonnement international du G.P.D.G.
VIII. Le retour du G.P.D.G. à son indépendance (juin 2000)
IX. L’édification contemporaine de l’Ordre
a) De la structuration à la nouvelle Constitution de 2005
b) Marcus i.O. Eq. ab Insula Alba
c) Bruno i.O. Eq. ab Ardenti Corde
Conclusion : le réveil de la Grande Loge Réunie et Rectifiée
Appendices
I. Le « Mémoire au duc de Brunswick » de Joseph de Maistre : Renonciation templière et supériorité des mystères du christianisme
II. L’idée de « possession séculaire » sur le Rite Écossais Rectifié
III. Le devenir du Conseil Général de l'Ordre au XXe siècle
IV. Les Grands Prieurés Rectifiés Français au XXe siècle :
1) Le Grand Prieuré de France (1962)
2) Le Grand Prieuré Indépendant des Gaules (1965)
3) Les Grands Prieurés Unis des Trois Provinces (1974)
4) Le Grand Prieuré Réformé et Rectifié d’Occitanie (1995)
5) Le Grand Prieuré Indépendant de France (1998)
V. Schéma des filiations des Grands Prieurés Rectifiés Français
VI. Sommaires des Cahiers Verts n° 1 à 13, ancienne série (1970-1993) Numéro Hors-série (2005), et n° 1 à 6, nouvelle série (2006-2011)
Annexes
I. Traité d’Union entre le G. O. de France et les trois Directoires écossais établis selon le Rite de la Maçonnerie réformée d'Allemagne à L'О. de Lyon, Bordeaux et de Strasbourg (1776)
II. Demande du Directoire de Septimanie, séant à l'O. de Montpellier, tendant à participer au Traité d'Union (1781).
III. Introduction du Code Maçonnique des Loges Réunies et Rectifiées (1778)
IV. Règle Maçonnique en neuf points (1782)
V. Recès du Convent Général tenu à Wilhelmsbad (1782)
VI. Renouvellement du Traité d’Union avec le Grand-Orient (1811)
VII. Lettres-patentes décernées par le G.P.I.H. à Ribaucourt, Savoire et Bastard (11 juin 1910)
VIII. Charte-patente constitutive du Grand Prieuré des Gaules (23 mars 1935)
IX. Traité d’Alliance et d’Amitié entre le Grand Directoire des Gaules et le Grand Prieuré d’Helvétie (25 juillet 1935)
X. Convention entre la Grande Loge Nationale Française et le Grand Prieuré des Gaules (1958)
XI. Avenant du 21 octobre 1965 à la Convention du 13 juin 1958
XII. Déclaration de Principes du 8 octobre 1983
XIII. Déclaration commune du Grand Maître de la G.L.N.F. et du Grand Prieur-Grand Maître National du G.P.D.G. du 10 janvier 1984
XIV. Jugement rendu le 19 décembre 2001 par le Tribunal de Grande Instance de Paris
XV. Convention entre le Grand Orient de France et le Grand Prieuré des Gaules du 24 avril 2003
Saint Michel 2011
Sous la présidence de notre Grand Maître National Bruno I.O. Eques ab Ardenti Corde, la Saint-Michel 2011 fut un foisonnement de nouvelles toutes aussi importante pour le Grand Prieuré des Gaules que pour toute la famille du Régime Ecossais Rectifié.
Je laisse la parole au site du Grand Prieuré des Gaules :
La Famille rectifiée réunie
En effet, la famille rectifiée française s'est réunie en cette fête au grand complet. Étaient représentées les obédiences suivantes :
- Les Grands Prieurés Unis des Trois Provinces (Loge Nationale Française)
- La Province d'Auvergne (Grande Loge Traditionnelle et Symbolique - Opéra)
- Le Grand Prieuré Indépendant de France (Grand Orient de France)
- Le Grand Prieuré Ecossais Réformé et Rectifié d'Occitane (Grande Loge Ecossaise Réformée et Rectifiée d'Occitane)
Le rectifié européen était lui aussi représenté par :
- Le Grand Prieuré d'Hispanie
- Le Grand Prieuré Rectifié Indépendant de Suisse
"La reconnaissance du principe de la maçonnerie féminine"
Et pour la première fois, le GPDG reconnaissant depuis ce printemps "le principe d'une maçonnerie féminine", furent présentes en grand nombre nos soeurs rectifiées du Grand Prieuré Féminin de France ! Cette reconnaissance signifie que des obédiences féminines choisies par le GPDG pour le sérieux de leur travail sont invitées une fois l'an à nos travaux de la Saint-Michel.
Et puisque notre maçonnerie est une maçonnerie d'ouverture sur l'autre, nos obédiences amies représentées ne se limitaient pas au Régime rectifié :
- Grande Loge de France
- Grande Loge de Memphis Misraïm
- Grande Loge Féminine de Memphis Misraïm
- Grande Loge Féminine de France
- Loge Nationale Française dans sa composante rectifiée mais aussi de Rite français et de Rite Anglais
L'Europe était elle aussi présente au travers de nos Frères des :
- Grande Loge Nationale du Portugal
- Grande Loge Unie portugaise
- Grande Loge Italienne
Le Grand Maître National Bruno i.O. Eques ab Ardenti Corde qualifia cette journée de "jour de grâce" dans la mesure où pour la première fois de façon aussi complète et aussi solennelle, toute la famille rectifiée fut réunie.
Renaissance de la "Grande Loge Réunie et Rectifiée de France"
Le Grand Maître rappelle ensuite un bref historique de notre Grand Prieuré :
- Le GPDG fut créé en mars 1935 et en octobre 1935 il établit sa "Grande Loge du Régime Rectifiée" qui s'allia en 1958 avec la GLNF
- En 1992, les chevaliers du Temple et de Malte furent adjoints au Rectifié au sein de ce qui devenait alors GPDG - Ordres unis
- En 1995, les grades de sagesse du Rite Français complétèrent cette palette de rites chrétiens
- En 2000, le GPDG reprit son autonomie sortant ainsi de la parenthèse ouverte en 1958
... et en ce 23 septembre 2011, après vote unanime le 17 juin du Conseil national et le 23 septembre du Grand Chapitre, le Grand Prieuré des Gaules réveille sa Grande Loge qui s'appellera désormais la Grande Loge Réunie et Rectifiée de France. Elle régira les établissements maçonniques : loges de saint Jean, loges de saint André et chapitre de l'Arc Royal.
Deux traités d'amitié
Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, un traité d'amitié fut signé avec le Grand Prieuré Indépendant de France (GPIF) du Grand Orient de France et un deuxième traité, similaire au premier, fut signé avec le Grand Prieuré Ecossais Réformé et Rectifié de France (GPERRO).
Le traité avec le GPIF vient compléter celui signé en 2002 avec le GODF. Il ne fait que formaliser des relations fraternelles qui se sont tissées ces dernières années entre les deux Grands Prieurés.
Le Traité avec le GPERRO eut quant à lui un goût de retrouvailles dans la mesure où la plupart de ce Grand Prieuré ami sont d'ancien membre du GPDG qu'ils ont amicalement qualifié de "maison mère".
Ces deux traités sont, de l'avis de tous, le premier pas sur une route heureuse qui s'est ouverte il y a quelques années et à laquelle d'autres sont conviés.
La surprise du jour
Si la reconnaissance du principe de maçonnerie féminine et la réunion de la famille rectifiée étaient deux événements annoncés depuis quelques mois, la surprise du jour fut la publication d'une Histoire du Grand Prieuré des Gaules avec en sous-titre "Le Régime écossais rectifié du XVIIIè siècle à nos jours" (Editions du Simorgh, 2011).
Ce livre qui était un rêve souhaité par le Grand Maître Emérite Daniel F. a été réalisé par une poignée de frère en un temps record. Commencé en mai 2011 par Jean-Marc Vivenza, à la demande du Grand Maître National et avec l'aide des éditions du Simorgh et de Jean-François Var - historien et Grand Aumônier de l'Ordre, il fut terminé début septembre et remis en ce jour de fête en cadeau à notre Grand Maître Emerite et à nos obédiences amies présentes à notre assemblée annuelle.
Les Frères et Soeurs quittèrent le Grand Temple de la Rue Puteaux avec la joie, l'émotion et la fierté qui ont été les conséquences directes de ce quadruple succès :
- réunion de la famille rectifiée
- reconnaissance du principe de maçonnerie féminine
- réveil de la Grande Loge Réunie et Rectifiée
- éclairage inédit sur de notre Histoire
À n'en point douter, dans quelques années nous serons fiers et émus de dire que nous y étions, que nous avons participé à ce grand pas... le premier d'un long chemin rempli du bonheur d'une fraternité qui s'accomplit au travers de notre Grande Loge Réunie et Rectifiée de France !
Quelques dates
10 Juillet 1730.
Naissance à Lyon de Jean-Baptiste Willermoz, au sein d'une famille de treize enfants. Famille originaire de Saint-Claude en Franche Comté. L'aînée de la famille est Claudine-Thérèse, la future madame Provensal (1729 - 1810).
Cité dans : le Rite Ecossais Rectifié, Roger Dachez, Jean-Marc Pétillot, PUF 2010.
Quelques dates
5 Mai 1772.
Le 5 mai 1772, Martinès de Pasqually s'embarque sur le Duc de Duras pour Saint-Domingue. afin de "mettre définitivement un ordre solide dans ses affaires temporelles" en une année environ.
Cité dans Le Rite Ecossais Rectifié, Roger Dachez, Jean-Marc Pétillot, PUF 2010.
In Memoriam
Louis Joseph Léonard Prunelle de Lière
Ludovicus, eques a Tribus Oculis
17 Mars 1741 -- 21 Mars 1828
Notre cercle et notre Loge d'études et de recherches s'est placé à l'ombre des ailes protectrices de Louis-Joseph Prunelle de Lière et ce afin de réhabiliter la mémoire de ce grand Maçon qui est trop resté dans l'ombre et dans un anonymat voulu.
Il n'est pas lieu ici de rappeler son rôle au sein du Régime Ecossais Rectifié et de l'Ordre des Chevaliers Maçons Elus Cohens de l'Univers, c'est lui qui fit sortir de l'ombre, entre autre, le livre de Saint-Martin sur les Nombres.
Il apprit l'hébreu et il finira sa vie à Paris en traduisant les Epîtres de Paul, les Psaumes et Esaïe.
Ayons une prière, une pensée pour lui.
"Aussi bien le Seigneur vous donnera-t-il lui-même un signe:
"Voici que la jeune femme est enceinte et enfante un fils
"et elle lui donnera le nom d'Emmanuel".
Is. 7:14.
Quelques mots
"Nous ne sommes ici-bas que pour rassembler les puissances éparses et les rendre une, comme font tous les êtres, chacun dans leur classe, et comme a fait le grand Régénérateur au centre de toutes les brebis égarées."
Saint-Martin, Mon Livre Vert, 70.
Les Elus Coëns de Jean-Marc Vivenza... suite
La lecture du livre de Jean-Marc Vivenza, "les Elus Coëns et le R.E.R..." a fait naître des réactions diverses.
Je me permet de citer le commentaire fait par le site du CIRER (Centre International de Recherches et d'Etudes Martinistes) le vendredi 24 septembre 2010. Commentaire des plus pertinents et qui a le mérite de mettre au jour tous les enjeux de ces relations entre l'Ordre Coën et le R.E.R..
"Les
élus coëns et le Régime Ecossais Rectifié. De l’influence de la doctrine
de Martinès de Pasqually sur Jean-Baptiste Willermoz par Jean-Marc
Vivenza, Editions Le Mercure Dauphinois.
Ce
livre vient à point pour développer un point historique et doctrinal
très important qui fait malheureusement régulièrement polémique au sein
du Régime Ecossais Rectifié, principalement en France et en Italie, deux
terres traditionnelles où l’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Coëns de
l’Univers connaît une vivacité discrète mais certaine.
Jean-Marc Vivenza dont les travaux érudits sont toujours précieux met
d’emblée le lecteur en garde contre deux crispations : « l’une
consistant à considérer le Régime Ecossais Rectifié comme une simple
reproduction, bien que privée de sa partie théurgique, de l’Ordre des
Chevaliers Maçons Elus Coëns de l’Univers, l’autre visant à ne
reconnaître aucun lien ni rapport entre le système de Willermoz et les
enseignements dispensés par Martinès de Pasqually. »
Jean-Marc Vivenza identifie très clairement la nature sacerdotale du
système des Elus Coëns. Ce point est essentiel pour comprendre la
subtile résonance entre les Elus Coëns et le R.E.R.. Il est d’ailleurs
regrettable de rencontrer aujourd’hui des branches coëns qui, par
ignorance ou par paresse, ne retiennent de cette tradition exemplaire
que sa forme maçonnique, niant sa réalité sacerdotale et son fondement
théurgique.
« Comme nous le voyons, l’originalité profonde
de l’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Coëns de l’Univers, venait
précisément de cette vocation sacerdotale qu’il se proposait de conférer
à ses membres les plus qualifiés et dignes de confiance. En quelque
sorte, plus qu’une maçonnerie détentrice de quelques secrets
initiatiques de nature symbolique, l’Ordre institué par Martinès était,
positivement, une société religieuse dans laquelle, concrètement,
officiaient des authentiques prêtres, du moins pour ceux, c’est-à-dire
les Réaux-Croix, appartenant à l’ultime classe du Sanctuaire, capables
de célébrer, dans son intégralité, le culte primitif.
On imagine ce
qu’il pouvait y avoir d’incomparablement supérieur, du point de vue
ésotérique et spirituel, dans cet Ordre certes faible numériquement,
mais en possession d’un inestimable savoir touchant aux mystères les
plus hauts. Les clefs, permettant de pénétrer à l’intérieur des subtiles
énigmes que sont les innombrables questions portant sur les raisons de
notre douloureuse et pénible situation en ce monde, ainsi que les moyens
effectifs de recouvrer nos droits perdus depuis la Chute, réponses que
tous, au XVIIIè siècle comme depuis toujours, mais avec une fièvre et un
empressement bien en rapport avec l’état d’esprit dominant dans les
périodes troublées et incertaines de l’Histoire, avidement recherchaient
dans des voies incomplètes, inexactes, clefs et moyens donc, qui
s’offraient apparemment enfin au chercheur sincère et à « l’homme de
désir » véritable.»
Avec la même précision, il éclaire le lien indiscutable entre le RER et l’œuvre de Martines de Pasqually :
« Il apparaît ainsi incontestable, que l’Ordre des Chevaliers
Bienfaisants de la Cité Sainte est porteur d’une base spirituelle et
d’un héritage historique directement issus des enseignements de Martines
de Pasqually, et qu’il faut se rendre complètement sourd et
passablement fermé, voire autiste, face aux éléments formels que nous
recevons par les différentes sources historiques disponibles, mais il
est vrai qu’il n’y a pas de pire sourd que celui qui ne veut pas
entendre, pour refuser de convenir que ce qui a uni, profondément, le
Régime Ecossais Rectifié avec la doctrine martinésienne, participe d’une
incontestable et directe filiation dont la Grande Profession, en toute
logique, fut détentrice de par les éléments propres qui y seront déposés
par Jean-Baptiste Willermoz, lui-même, ne l’oublions pas, détenteur en
tant que Réau-Croix, de l’intégralité de la transmission Coën… »
Jean-Marc Vivenza, par l’étude historique et la comparaison
doctrinale, ne fait pas que mettre en évidence les liens entre les deux
systèmes initiatiques, il identifie leurs natures respectives et leurs
projets, de désir ou réels. Après avoir présenté les éléments coëns au
sein du R.E.R. que sont les outils symboliques de la « Réintégration »,
il traite de quelques points essentiels comme La double nature et son
implication spirituelle ou La symbolique de la réédification du temple
comme figure de l’image et de la ressemblance.
Il pose alors
une question nécessaire. Martinès de Pasqually dénonçait le caractère
apocryphe de la Franc-maçonnerie. Qu’en est-il alors de ce régime
Ecossais Rectifié héritier de son propre système ?
« la
constitution du Régime Ecossais Rectifié a sans doute été, en tous les
cas pour Willermoz et les frères les plus proches de lui qui
l’assistèrent dans son entreprise (…) une volonté de perfection de
l’Ordre des élus coëns. (…) le Régime Ecossais Rectifié corrige les
coëns de par la place qu’il fait, notamment au sein de l’Ordre
Intérieur, à la Sainte Trinité, qui est l’objet d’une révérence très
marquée et insistante. En second lieu, le Régime Ecossais Rectifié dans
son enseignement, contrairement à Martinès, possède une christologie
exacte, puisqu’il déclare très nettement croire en la double nature du
Christ et affirme reconnaître en Jésus le Messie vrai-Homme et
vrai-Dieu. »
Jean-Marc Vivenza, s’appuyant à maintes
reprises sur les travaux de Robert Amadou, reconnaît au R.E.R. une
véritable orthodoxie et, pour lui, il ne fait aucun doute que la
qualification d’apocryphe ne peut s’appliquer au Régime voulu par
Willermoz.
« L’idée principale de la « Réintégration » se
retrouve bien chez Willermoz dans cette vision d’un rétablissement
général en sainteté du monde manifesté chuté, y compris, peut-être, et
sous certaines conditions, les êtres prisonniers de l’Enfer parce qu’ils
furent trompés par les artifices de l’Adversaire de Dieu »
Plus encore, le Régime Ecossais Rectifié « est le conservateur, le
gardien et le continuateur du Haut et Saint Ordre. Cette fonction de
conservation constitue une charge sacrée d’autant plus impressionnante
que sous cette appellation, Willermoz pense à l’Ordre des élus de
l’Eternel, c’est-à-dire à la sainte et pieuse société religieuse qui
traverse les siècles depuis les origines… »
« le Régime
Ecossais Rectifié n’est pas « non apocryphe » parce qu’il serait
chrétien même si c’est sa nature spirituelle la plus profonde, mais
parce qu’il est détenteur de la doctrine, héritier de la transmission,
porteur et dépositaire de la filiation du Haut et Saint Ordre que
cultivent, et préservent secrètement, les Grands Profès du Régime. Le
Régime Ecossais Rectifié est ainsi placé – le seul au sein du monde
maçonnique – sous les auspices d’une initiation qui s’opère par le
passage par les trois essences spiritueuses, la symbolique des nombres,
le sens des batteries, etc., et dont la source se trouve dans un Ordre
qui est l’unique détenteur des sciences et connaissances primitives de
l’homme. »
Le régime Ecossais Rectifié de Willermoz n’a donc
jamais renoncé à la « Réintégration », sens véritable de l’Ordre des
Chevaliers Maçons Elus Coëns de l’Univers. Tout au contraire, il
perpétue et préserve l’œuvre des Elus Coëns. Cette conclusion est lourde
de conséquences éthiques et opératives pour les membres du dit Régime."
Théosophie chrétienne et Jean-Baptiste Willermoz
La dernière livraison de la revue ARIES, volume 10, n°2.
L'article
: "Une figure de Jésus en théosophie chrétienne à la fin du XVIIIe
siècle : le Traité des deux Natures, de Jean-Baptiste Willermoz."
Cet article, de 35 pages, est signé de Gérard Gendet, Auditeur à l'Ecole
Pratique des Hautes Etudes, Sciences Religieuses, intéressera tous les
amateurs des mouvements ésotériques et maçonniques du XVIIIe siècle.
Les élus coëns et le RER, de Jean-Marc Vivenza
A paraître, dès le 18 septembre, un livre qui fera date dans l'étude et la compréhension du Régime Ecossais Rectifié.
L’évidente présence des sources provenant de l’Ordre des Élus Coëns au sein du Régime Écossais Rectifié est l’un des points les plus intéressants qui soient, nous faisant découvrir l’origine véritable du système initiatique fondé par Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824), qui joua un rôle fondamental au sein de la franc-maçonnerie au XVIIIe siècle.
Pourtant deux attitudes erronées se rencontrent de manière régulière à propos de cette question des sources willermoziennes : l’une consistant à considérer le Régime Écossais Rectifié comme une simple reproduction, bien que privée de sa partie théurgique, de l’Ordre des Chevaliers Maçons Élus Coëns de l’Univers, l’autre visant à ne reconnaître aucun lien ni rapport entre le système de Willermoz et les enseignements dispensés par Martinès de Pasqually.
Il convenait donc de rappeler combien ces deux conceptions sont inexactes, dans la mesure où le Régime Écossais Rectifié, s’il est aujourd’hui entièrement redevable aux bases symboliques et théoriques de la doctrine de la Réintégration – qui échappèrent par miracle à la corruption du temps – a néanmoins «opéré» une christianisation importante de cette doctrine aboutissant à un Rite maçonnique original, à la fois dépositaire du trésor spirituel des élus coëns, mais également libéré de ses méthodes en raison de son insistance sur ce que signifie, comme radical bouleversement, le passage de l’Ancienne à la Nouvelle Alliance.
On comprend ainsi, aisément, pourquoi il était utile que soit enfin proposée une analyse sérieuse sur ce sujet, capable de répondre véritablement aux diverses réflexions qu’elle fait surgir, nous faisant découvrir qu’il y a bien un secret partagé entre le Régime Écossais Rectifié et les disciples de Martinès de Pasqually, puisque l’objectif fixé par Willermoz à son Ordre « est d’atteindre, à sa manière, le but fixé à l’Ordre des Élus Coëns ».
Editions Le Mercure dauphinois, 370 pages.
SOMMAIRE
Introduction
Avertissement
I - Martinès de Pasqually et la doctrine des « élus coëns ».
1. Sources spirituelles
a) L'illuminisme chrétien
b) Le soufisme
c) La kabbale
d) Le dualisme zoroastrien et mazdéen
e) Le judéo-christianisme : ébionisme et elkassaïsme
2. Eléments doctrinaux
3. Perspective sacerdotale
II - La rencontre de Jean-Baptiste Willermoz avec Martinès de Pasqually
III - De la Stricte Observance dite « Templière » au « Convent des Gaules » (1778).
IV. Eléments martinésiens présents au sein du Régime Ecossais Rectifié
V. Expiation, purification, réconciliation et sanctification : les quatre temps de la réédification du Temple du mineur spirituel
1. L'Expiation
2. La Purification
3. La Réconciliation
4. La Sanctification
VI - Les éléments coëns présents au sein du Régime Ecossais Rectifié : moyens et outils symboliques de la « Réintégration »
1. La structure ternaire du composé matériel et la place des essences spiritueuses
2. Triangle, « Lame d'or et Delta d'Orient
3. Le Temple coën et la loge rectifiée
4. La symbolique des nombres
5. La défiance du Régime Rectifié vis-à-vis de la matière
6. La noblesse de l'origine de l'homme et sa haute destination spirituelle
7. La Batterie 00 0, omniprésente au 1er grade
8 . La substance sénaire de la Création
9. Le sens du double triangle
VII - La double nature et son implication spirituelle
VIII - La symbolique de la réédification du Temple comme figure de l'image et de la ressemblance
IX. L'origine de la Franc-maçonnerie selon le Régime Ecossais Rectifié et le rattachement au Haut et saint Ordre
Conclusion
Appendices
I. La Sainte Trinité
II. La nature de l'Air selon le Philosophe Inconnu
III. Les objets et meubles sacrés du Tabernacle présents sur le second tableau de la loge de Maître Ecossais de Saint-André : ou la mise en lumière du passage de l'Ancienne à la Nouvelle loi, manifesté par l'œuvre du Divin Réparateur.
La « mer d'airain » et sa fonction purificatrice
La table des pains de proposition, image annonciatrice du mémorial eucharistique.
Le chandelier à sept branches en tant qu'évocation de la vraie Lumière.
L'Arche Sainte, manifestation de l'Alliance éternelle entre Dieu et les hommes.
L'autel des parfums ou l'instauration du sacerdoce éternel par la « Nouvelle loi de grâce et de vraie lumière ».
IV. Le rôle essentiel de la « grâce » et la raison de la proclamation de la supériorité de la « Nouvelle loi » au sein du Régime Ecossais Rectifié.
Une nouvelle relation à Dieu par la grâce.
Le changement radical des économies entre le temps de la loi et celui de la grâce.
L'incomparable supériorité de la « Nouvelle loi de grâce ».
Annexes
I. Lettres de Martinès de Pasqually à Jean-Baptiste Willermoz.
Lettre du 19 juin 1767
Lettre du 11 septembre 1768
Lettre du 12 octobre 1773
Lettre du 24 avril 1774
Lettre du 3 août 1774
II. Lettre de Louis-Claude de Saint-Martin à M. Erhmann
III. L'invocation de réconciliation des Elus coëns
IV. Méthode pour lire le Traité de la réintégration selon Willermo
Le Rite Ecossais Rectifié. Dachez et Pétillot
Un livre très attendu qui sort enfin :
Le Rite Ecossais Rectifié, de Roger Dachez et Jean-Marc Pétillot.
PUF, Que Sais-Je ? n° 3885, 9 €
Deux autreurs que l'on ne présente plus. Pour l'un, Roger Dachez, président de l'Institut Maçonnique de France, auteur de nombreux livres sur l'histoire de la Franc-Maçonnerie et pour l'autre Jean-Marc Pétillot, ancien grand Maître de la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra.
Un seul reproche à ce trop court ouvrage, son nombre de pages qui nous laisse avec tant de questions que nous attendons tous et toutes un réel ouvrage de fond sur ce sujet. Nous attendons avec impatience l'ouvrage de Jean-Marc Vivenza sur les "Elus Coëns et le Régime Ecossais Rectifié", qui nous n'en doutons pas, apportera des éclairages pertinents sur ce sujet.
Marc.





